Le robale ou snook

LE ROBALE ou SNOOK

                         (centropomus undecimalis, centropomus parallelus)de la famille des centropomidés.

Ce carnassier, homologue d'Amérique tropicale du bar rayé ( stripped bass) nord-américain,  et de notre bar européen,  au point  d'être nommé par assimilation " loubine" par les créoles de Guyane Française, est certainement aussi répandu que le tarpon dans les zones de mangrove côtières et dans les estuaires des fleuves de la forêt amazonienne. Ce superbe cousin américain du capitaine africain et du barramundi australien, ce beau poisson aux fausses allures de sandre mort très bien à la mouche . Sa recherche, de surcroît est toute empreinte de finesse, de précision et de discrétion. Car il faut savoir que notre gaillard aime à s'embusquer au sein des plus inextricables entrelacs de racines de palétuviers, jaillissant comme un diable de sa boite sur les malheureux poissons-fourrage et crevettes et autres crustacés qui ont commis l'imprudence de frôler d'un peu trop près sa cache. Or un streamer ou un popper habilement présentés dans ces zones sensibles ont toutes les chances d'être happés par un beau robale dont la méfiance n'a pas été éveillée. Le snook, pour la plus grande espèce ( c. undecimalis) peut peser et même dépasser les vingt-cinq kilos, ce qui en fait un adversaire que l'on se doit de prendre au sérieux. Il existe quatre autres espèces rencontrées dans l'Atlantique tropical. Seul le "centropomus parallelus" assez répandu également, mais qui n'excède toutefois pas les cinq kilogrammes présente un certain intérêt sportif. C. parallelus se diférencie essentiellement de C. undecimalis par un  premier rayon anal épineux surdimensionné,  véritable dague dont il convient de se méfier lorsqu'on le manipule, ainsi que les opercules tranchants comme des scalpels.

Le matériel :

Canne n° 8 à 10 d'action de pointe munie d'une solide échine, car il faut savoir en effet qu'une fois piqué à l'hameçon, notre client, qui parfois nous offre des démarrages dignes d'un bonefish n'a d'autre objectif que de regagner le plus rapidement possible sa cache qui n'est autre qu'un canevas végétal à la solidité à toute épreuve et à l'élasticité anihilant  les effets  de toute forme de traction, aussi forcenée soit-elle. La soie sera soit une flottante si on souhaite également pêcher au popper, ou une intermédiaire si on prévoit de ne pêcher qu'au streamer. Le moulinet sera un modèle bonefish/baby-tarpon muni d'un bon frein à disque et garni d'une importante quantité de backing.


 racines de palétuvier: l'habitat du snook

La technique:

Identique à celle du tarpon: prospecter lentement les bordures en barque et  lancer au plus près des racines de palétuvier. Compte tenu de la méfiance de notre client, le facteur distance des lancers peut être déterminant pour les résultats de la pêche. Le robale ne chasse pas à courre,  et se  déplace peu en dehors de son repaire, y compris pour se saisir d'une proie appétissante. Mieux vaut alors profiter de  la marée basse pour le rechercher, notamment  pendant  l'intervalle situé entre les deux dernières heures du descendant, et  les deux premières heures du montant. En effet, les racines n'étant plus immergées, notre robale ne peut plus vraiment se dissimuler. Il se poste alors en lisière des frondaisons. Il en est de même pour ses  proies coutumières qui se trouvent alors sans protection.  Notre adversaire croise alors parfois en pleine eau devant les racines,  livrant une chasse sans merci aux poissonnets, crevettes et autres animalcules de la mangrove. Il devient alors vulnérable. C'est probablement dans ces circonstances qu'on a le plus de chances de capturer un snook-trophée. Les piles de pont, pontons, vestiges d'embarcadères dans les zones portuaires sont souvent d'excellents coins à gros snooks. 

Parfois pour des problèmes de marée, de température d'eau, ou de saison, les robales se cantonnent d'avantage en profondeur, jusqu'à s'alimenter carrément au fond. Il convient alors d'aller les solliciter à même ces couches inférieures de la mangrove, de la rivière ou des zones littorales. Dans ce cas, l'emploi de soies à pointe plongeante ou franchement plongeante, avec des degrés de densité adaptés aux circonstances s'imposeront. Il s'agit de ce que les anglo-saxons nomment " blind fishing" ( pêche en aveugle), beaucoup moins agréable et passionnante que les pêches de postes, mais néanmoins souvent nécessaires si on veut éviter la bredouille. Les mouches seront adaptées à ce type de prospection, avec une action plus ou moins dite " jigging", telles que les clousers deep minnows, ou autres imitations légèrement lestées en tête, évoquant des grosses crevettes dont la teinte sera proportionnellement plus foncée selon que l'on pêchera plus en profondeur. Les teintes rose-foncé à rouge carmin s'avéreront sans doute les plus prenantes.Ces imitations ne seront en réalité que les pendants-mouche des énormes crevettes/jgs en silicone dont l'utilisation fait un tabac sur les robales depuis déjà un certain temps... Les pêcheurs au lancer ont su adapter leur technique à l'emploi de streamers avec les jigs en bucktail. Pourquoi ne nous inspirerions-nous pas de leurs techniques en adaptant la mouche à leur mode opératoire ou plus prosaïquement en les " singeant" avec les moyens dont on dispose?

Les mouches:

A peu près toutes les mouches à tarpon classiques ( montage key style, seaducers, deceivers), imitations de crevettes, clousers, surf-candies, etc... et poppers. N'oubliez pas d'utiliser des mouches munies d'un anti-herbe, ou encore des modèles nageant pointe en haut ( clouser, montages bent-back). Les accrochages dans la mangrove seront moins fréquents, et vous n'aurez pas à  secouer les racines toutes les cinq minutes pour essayer en vain de vous décrocher, et ainsi effrayer tous les robales du coin. Et votre guide vous en saura gré.

mouches-crevette géantes


 

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