Aïmara, patagaie, traira

AïMARA, TRAIRÃO, TRAIRA 

  (hoplias malabaricus, hoplias lacerdae, hopias aïmara) de la famille des erytrinidés


aïmara du rio Suia-Miçu ( Mato Grosso, Brésil)

Ce carnassier, nommé  en Guyane française aïmara  pour la plus grande espèce pouvant atteindre les quarante kilogrammes* et Patagaïe (pour une sous-espèce n?excédant pas deux à trois kilos, n'a sans doute pas évolué depuis l'ère secondaire. C'est un bien étrange prédateur à la morphologie trapue, tout en muscle, à la livrée très sombre et pourvu d'une dentition digne d'appartenir à un saurien. L'angle facial de notre animal dénote à n'en pas douter une certaine bestialité primaire. Poisson de la jungle par excellence, la traira vit dans sa cache sous des amas de bois morts, dans des cavernes, sous les rochers, dans les excavations de la berge. A l'écoute de toute vibration émanant y compris de la surface, notre fauve jaillit comme une torpille hors de son antre pour saisir férocement sa proie qui peut être tout aussi bien un poisson, qu'un volatile en train de barboter, un mammifère,  ou encore... un pied ou tout autre appendice humain. Ce qui arrive très rarement, tant il est vrai que le biotope où évolue l'aimara n'incite pas particulièrement à la baignade.





                                         aïmara en balade...


Le matériel:

La canne sera une redoutable trique prévue pour une soie d'un minimum de 10, dont seule la pointe conserve une certaine mobilité destinée à animer les gigantesques mouches et poppers que nous allons expédier bruyamment à notre poisson des cavernes. Il est conseillé de charger la canne d'un numéro de soie. Ce qui facilitera grandement le lancer des mouches hors-norme.

 

                               saut de l'aïmara ( photo Julien Lajournade)  

La technique:

Nous allons plaquer brutalement avec une insistance répétitive nos mouches à la surface, à proximité de tout poste supposé, et cache potentielle, afin d'attirer l'attention de notre client qui saura nous gratifier de spectaculaires attaques" geyser". Adrénaline garantie... 

Parfois, à la faveur de l'eau claire, "chaussé" de verres polarisants, on aperçoit de véritables bancs d'aïmaras composés de poissons pouvant être d'une taille élevée, croisant lentement sur les bordures ( Il n'est pas rare de voir plusieurs poissons de vingt livres cohabiter dans un même groupe). Ils paraissent très noirs, et on les confond souvent avec des bois morts... sauf lorsque ces " bois morts" bougent. Il suffit dans ce cas de  le leur expédier gros streamers et poppers sur le nez. Il n'est pas nécessaire de récupérer très vite. Ramenez lentement en faisant de petites poses frémissantes. L'attaque est toujours aussi imprévisible que subite... Insistez sur un même individu : l'aïmara est un poisson qui réagit bien à l'agacement généré par un leurre perturbant son territoire, même s'il n'a pas faim... 

Les mouches:

Les mouches seront corpulentes, voire même dotées d'une boite à bille, du style de celles utilisées pour l'arapaïma. Gros tube-flies, tandems pour poissons à rostre, poppers marins, etc... Pensez gros et bruyant. Et ne pas oublier l'avançon en acier.




                                     aïmara du rio Xingu




 * Si un peu partout en Amazonie, selon les guides, un aïmara de 10 à 12 kilogrammes est considéré comme un gros, voire  même comme un poisson d'exception, en Guyane française en revanche, notamment sur le fleuve Sinnamary en amont du barrage hydroéléctrique de Petit-Saut, les poissons de 15  kilos, voire d'avantage ne sont pas rarisimes. Particularité génétique ou surabondance de poissons jusqu' à présent encore peu pêchés? Pourvu que ça dure!

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