Le matériel de pêche

Pas question de finasser en Amazonie. Les mouches sont parfois lourdes, volumineuses, et le profil des lignes adapté en conséquence. Les poissons sont généralement vigoureux, parfois gros, ne se font pas prier pour se réfugier au sein de la végétation ou au milieu des obstacles une fois piqués. Aussi un trinôme canne-moulinet-soie allant du n° 8 au 10 nous semble-t-il le plus adapté, en fonction de la taille moyenne des adversaires, et de l'encombrement des lieux. Pensez tout simplement: matériel à eau salée du type tarpon/bonefish. En étant équipé de la sorte, vous serez à même de faire face à toute circonstance, et à tout ce qui est doté de nageoires en Amazonie.               

La canne

Trois cannes de marques différentes

D'action de pointe de préférence, d'une longueur de 9 pieds en moyenne, avec une bonne réserve de puissance afin de propulser sans difficultés une ligne au profil dynamique et de grosses mouches, et de freiner ou du moins de ralentir la fuite de nos adversaires. Elle doit nous permettre d'effectuer des jets rapides, et de réagir instantanément à la moindre chasse et manifestation d'activité du poisson à la surface, en expédiant illico-presto la mouche sur le point chaud., avec un minimum de faux lancers. Si vous maîtrisez la double traction, tant mieux. Mais ce n'est pas une obligation. On peut parfaitement tirer son épingle du jeu en Amazonie, sans qu'il ne soit nécessaire d'être un champion de casting. De grandes marques américaines proposent ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle. Mais quelques fabricants français s'y sont mis et offrent à des prix raisonnables de forts beaux engins.

Le moulinet

Quelques modèles de moulinets parfaits pour l'Amazonie

Simple réserve de fil dans certains cas, comme avec le peacock-bass qui ne prend en général pas beaucoup de ligne, ou plus élaboré, du style des modèles destinés à la pêche en mer, avec frein à disque, réserve de backing pour d'autres espèces capables de longs " runs" comme la cachorra ou encore la bicuda, poissons d'eaux rapides susceptibles de vous extraire en un éclair plusieurs dizaines de mètres, voire d'avantage de ligne du moulinet. Mieux vaut dans ces cas là être équipé de l'outil idéal. Une fois de plus les américains nous offrent ce qui se fait de mieux en la matière. mais quelques fabrications européennes et asiatiques n'ont rien à envier aux productions d'outre-atlantique, et souvent à des tarifs beaucoup plus raisonnables

Les lignes

De profil salt water Taper ou bass-bug popper, dite "tropicalisée", dont l'âme monocore en nylon plus ou moins rigide empêchera la soie de s'affaisser comme une nouille sous l'effet de la chaleur tropicale. Les seules lignes permettant de propulser avec aisance poppers et autres clousers pesants et ainsi que certaines grosses mouches confinant parfois au gigantisme, souvent nécessaires au déclenchement des attaques de nos grands prédateurs qui ne se déplacent généralement pas lorsque la bouchée n'en vaut pas la peine. Le densité de nos lignes dépendra essentiellement du niveau des eaux. Aussi faudra-t-il être à même de faire face à toutes situations envisageables, et posséder plusieurs types de ligne: une flottante pour les eaux basses et normales, une intermédiaire qui reste une ligne passe-partout, la plus adaptée pour la pêche au streamer, mais qui compromet l'utilisation du popper,  une plongeante (S1, S2) pour le début de saison ou les courants importants, et pour les cas extrêmes , lorsque les eaux sont très hautes ou très chaudes et que le poisson se réfugie en profondeur, une pointe plongeante à haute densité (200 à 400 Grains), genre Jim Teeny T ou TS. Diverses marques commercialisent  ces différents types de lignes. Vous n'aurez que l'embarras du choix, tout en sachant que deux grandes firmes peuvent offrir sur le marché exactement le même produit sous des coloris différents, avec parfois une légère variation de prix. Les soies dites "multi-tip" ou "versi-tip" à pointes interchangeables de différentes densités peuvent être un compromis tout à fait acceptable, bien que nettement moins agréables à lancer que les fuseaux à eau salée classiques. Mais à l'actif de ces produits: il faut reconnaître que leur utilisation  évite les changements de bobines toujours fastidieux en cours de pêche, ainsi qu'un  certain encombrement matériel. Mais cela reste une affaire de convenance personnelle et de budget.

Les mouches                            

Les poissons d'Amazonie sont encore peu pêchés à la mouche. Mais comme partout ailleurs, ils s'éduquent rapidement. Cependant, on peut encore laisser libre cours à une certaine fantaisie, et se faire plaisir à condition tout de même de ne pas sous-estimer nos adversaires, qui restent des prédateurs selon toute l'acception du terme, dont l'agressivité et l'attaque sont déclenchées par des stimuli absolument identiques à ceux de nos pays tempérés. Les mouches d'ordinaire destinées aux poissons marins représentent l'idéal. Cela va des grands classiques comme les lefty deceivers, les mouches à tarpon, les incontournables clouser deep minnows, les surf-candies et autres créations mêlant fibres naturelles ou/et synthétiques à la résine époxy, les dahlberg divers très prisés des sud-américains, sans oublier ces merveilleux modèles d'un réalisme époustouflant que sont certaines créations telles que les mouches d' Enrico Puglisi ( www.epflies.com), pour rendre hommage à ce génial monteur. Mais comme partout sur la planète où il est possible d'utiliser un fouet, peut exister l’équivalent de la petite " grise à corps jaune" du Massif central, de la " peute" de Franche Comté, mouches passe-partout qui ont fait et continuent à faire leurs preuves. Aussi est-il est certain que l'Amazonie n'échappe pas à la règle, et que souvent un modèle de base simple et bien conçu s'avèrera d'une efficacité comparable sinon supérieure à toutes les créations sophistiquées passionnément peaufinées à dessein de cloner les espèces locales de poissons-fourrage. Nous ne sommes certes pas des adeptes de la simplification à outrance. Le montage des mouches reste un art consommé dont il serait dommage de se priver, surtout lorsque nos petits chefs d'oeuvre s'avèreront en adéquation parfaite avec les propensions alimentaires de nos adversaires d'Amérique tropicale.

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